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VISITE DU MUSÉE BASTER, Riom (63)

Si jamais vous passez par Clermont-Ferrand dans le Puy-De-Dôme, osez le détour par Riom !

Guy Baster y expose sa fabuleuse collection de moto, réunissant plus de 800 machines venant du monde entier

Le Musée Baster se situe au 101 Rue de l’Ambène à Riom, juste à côté d’un fabuleux restaurant au thème Rock n’roll, l’Indian Saloon.

Ce musée représente en quelque sorte la vie de Guy Baster.

Tombé amoureux de la moto ancienne à l’âge de 13 ans, il n’a cessé d’écumer les petites annonces à la recherche de vieux tas de rouille à restaurer, ou de machines en état de rouler.

Commencer une collection de moto à cet âge là, n’est pas une mince affaire. Son père et son oncle le rejoignent dans sa passion de la motocyclette et l’aideront à en acquérir.

Guy nous confie qu’à l’âge de 16 ans, son oncle lui a acheté un mono-cylindre Harley-Davidson non roulant, qu’il est parti récupérer, en la tractant à l’aide d’une autre moto.

Plus tard, CAP d’horloger en poche, sa première paie lui sert à acheter un lot de motos.

Le musée Baster essaye de grouper les motos par nationalité, marque mais aussi par mécanique.

Dès que vous aurez passé le guichet, vous aurez le droit à un coin réunissant les plus belles sportives italiennes et un petit coin de motos japonaises de compétition.

Ensuite, dans une atmosphère digne du Far West, se trouve les plus remarquables motos américaines.

Il y a beaucoup d’Indian et d’Harley-Davidson dont la majorité sont des side-cars.

Marchez un peu et vous tomberez dans la pièce des monstres américains avec des Ace, Henderson ou Cleveland à 4 et même 6 cylindres.

Quelques marches d’escaliers vous emmèneront vers « l’histoire du boxer français » avec une magnifique ABC 400, des Gnome & Rhône, ou encore une Ratier.

Vous aurez le droit à des motos françaises peu courantes comme des side-car René Gillet avec panier Vannod, une Train 4 cylindres, des Dresch ou encore une Syphax.

Quelques pas, et vous voyagerez vers l’Est de l’Europe avec une FN 4 cylindres (Belge), des Zundapp (Allemagne) des Puch (Autriche), des Nimbus (Danemark), des Jawa (République Tchèque) et bien d’autres marques.

Préparez votre treillis et vos rangers car vous verrez des motos ayant appartenu à des corps armées comme une Gnome & Rhône AX-2 (France), une Zundap KS 750 (Allemagne), des Condor (Suisse) ou encore un drôle d’engin de l’armée belge.

Entre-temps, détendez-vous avec à une belle collection de Vespa et de 50 cc (mobylette et cyclosport).

Au final, gardons le meilleur pour la fin…les Anglaises.

Guy Baster affiche avec fierté une Matchless G12CSR dont il rêvait étant ado. On retrouve de magnifique BSA, des Triumph, des Norton et même une Brough Supérior qui devance une 1000 Vincent.

En somme, cet article ne présente que 10 % de la collection Baster. J’ai eu beaucoup de mal à filmer et photographier tellement le musée est rempli de motos et de toutes sortes de bibelots anciens accrochés aux murs.

Guy Baster, la soixantaine passée, continue de collectionner les motos et faute de places, sont présentées là où il y en a.

En somme, j’ai dû manquer pas mal de belles machines. Si vous passez en moyenne 1 minute par machine, il faudra 13 heures et 20 minutes pour faire le tour du musée…et encore, je ne parle que pour les motos.

Une solution pour remédier à cela, venez voir le musée de vos propres yeux, et plusieurs fois, dès la réouverture des lieux culturels.

Restez connectés, l’interview vidéo de Guy Baster arrive prochainement 😉

Attention, le musée n’est ouvert que sur rendez-vous :

  • 101 Rue de l’Ambène
  • 63200 Riom
  • 04 73 63 09 51
  • contact@museebaster.fr

PARILLA 4S Sport ’55 1955-1957

Une fois passé l’entrée du musée Baster, au bord d’un comptoir, se trouve une moto italienne: une Parilla 4S Sport de 1955 ou 56/57.

Il s’agit de ces motos non pas construites par des ingénieurs mais des artistes.

La marque fondée en 1946 par Giovanni Parrilla (avec 2R contrairement à la marque déposée) se focalisera essentiellement sur la moto sportive et de compétition jusqu’à sa fermeture en 1967.

Ici, cette Parilla 175 se distingue par un moteur à « arbre à cames surélevé », le principe est d’avoir des tiges de culbuteurs réduites afin de limiter leurs déformations dû à la chaleur du moteur. Cette mécanique a équipé très largement les motos Parilla quel que soit leur terrain de jeu, route ou tout terrain.


Côté distribution, les moteurs Parilla ont reçu durant leur existence soit une chaîne soit une cascade de pignon.

Quoiqu’il en soit, la vitesse maximale de la bête frôle les 140 km/h, une version plus sportive, gardant le même bas moteur possède deux arbres à cames en tête. Elle permettait de dépasser la barre des 150 km/h

BROUGH SUPÉRIOR SS-100 1927

Protégée par quelques motos autour d’elle, le Musée Baster expose une Brough Supérior SS-100, l’une des motos les plus prestigieuses au monde, mais pourquoi ?!

L’histoire de Brough Supérior se trouve à Nottingham, Angletterre, qui a vu naître William Edward Brough en 1861.

William Edward Brough est l’un des pionniers de l’histoire automobile et motocycliste d’Angleterre.

En 1871, à l’age de 10 ans, William Edward Brough, intègre la « Nottingham High Pavement School » sous le nom de inscrit William Edward Slack, du nom de jeune fille de sa mère qui n’était pas mariée lors de sa naissance.

Durant son parcours scolaire, il se découvre une passion pour le deux-roues en s’achetant une draisienne

A l’âge de 20 ans, il commence à travailler à la briqueterie de Babbington puis en 1884, il se marie avec Mabel Fearn.

Son premier enfant nait un an plus tard. Il portera les mêmes noms et prénoms: William Edward Brough

En 1886, W.E. Brough s’inscrit à la « Nottingham University College » pour y étudier l’électricité et le magnétisme. Il deviendra alors chef électricien à la « Babbington Coal Company ».

Cette même année, il se lance dans la construction d’une bicyclette qu’il surnommera « Giant Cycles » en référence à son frère que l’on surnommait « Nottingham Giant », c’est à dire le géant de Nottingham en raison de sa taille hors norme (2m32).

Sa bicyclette innove par sa sécurité. Elle rencontre un succès fou qui le pousse à créer son entreprise: la « Giant Cycles » à Vernon-Road.

En 1890, il décide de se tourner vers l’automobile et construisant sa première auto, la Brough. Conjointement, né son second fils, Georges Edward Brough (futur fondateur de Brough Supérior).

En 1902, la première motocyclette Brough sort des ateliers de Vernon Road. La production de motocyclette en grande série ne débutera qu’en 1908.

Au début du 20ème siècle, les deux fils Brough participèrent à plusieurs courses de motos, avec quelques médailles à la clé et toujours, au guidon de Brough.

Georges étant le plus passionné des deux frères, il insiste pour essayer toutes les motos que son père construit.

Le développement de Brough sera freiné par la première guerre mondiale. Brough produit alors des pièces pour la Royal Navy.

A la fin de la guerre, Georges entre en partenariat avec son père et gère les ventes de motos .

Il propose plus tard à son père la création de motos de luxe et super puissante, ce pour quoi son père n’est pas convaincu.

En 1919, Georges Brough décide alors de créer son usine à Haydn Road. Son père lui interdit de nommer ses motos « Brough ».

Désireux de faire mieux que celui-ci, ses motos porteront le nom de « Brough Supérior ». Environ une demi dizaine de motos sortent la première année.

La production commence sérieusement en 1920 avec la Brough Supérior MK1. Toutes les Brough Supérior étaient personnalisables à la demande du client.

Les moteurs provenaient principalement des motoristes MAG et JAP en ayant reçues des modifications à la demande de Georges Brough. Les moteurs MAG et JAP, dans leur configuration équipant les Brough Supérior, ne se retrouvent sur aucune autre moto.

Les Brough Supérior, surnommées « Rolls Royce de la moto », n’ont reçues que des clients d’exceptions dont Lawrence D’Arabie, qui a donné la renommée de la marque en prouvant sa fiabilité à travers ses multiples voyages.

Lawrence d’Arabie posséda 8 Brough Supérior au cours de sa vie (dont plusieurs SS-100). Il fit la découverte de la marque à travers le premier modèle, acheté d’occasion en 1922, la MK1.

Le modèle le plus puissant de la marque, est la SS-100 qu’expose ci dessous Guy Baster.

La Brough Supérior SS-100 est un modèle sortie en 1924 et produit jusqu’à la disparition de la marque en 1940, en arborant quelques évolutions.

La moteur JAP de 1000cc installé en 1924 laissera la place à un Matchless de cylindrée équivalente en 1937.

Au delà des voyages de Lawrence d’Arabie, le marketing de Brough Supérior repose sur la vitesse puisque la SS-100 était livrée avec un certificat stipulant que la moto était capable de dépasser les 160 km/h et ceux, dès les premiers modèles.

Herbert ‘Bert’ le Vack, sur une SS-100 atteint 191,591 km/h sur la « Journée des Records de Vitesse » d’Arpajon de 1924

En 1927, sur la même course c’est encore la SS-100 la plus rapide avec Freddie Dixon qui atteindra les 191,642 km/h.

Se rendre au Musée Baster:

HENDERSON 6 cylindres, la plus mystérieuse des Henderson

Quand vous demandez à Guy Baster quel genre de motos aime t-il, il répond tout simplement « Celles qui ont de la puissance ». Pas étonnant pour un motard ayant roulé sur des Munch Mammut.

Parmi sa collection, au Musée Baster, se trouve une Henderson de 1930. Son moteur est un 6 cylindres en ligne à soupapes latérales de 1951 cc (presque 2 litres).

Il s’agit là d’une Henderson Deluxe à réservoir « entretube » sur laquelle on a greffé la moitié d’un autre moteur d’Henderson Deluxe.

Si vous avez l’œil bien avisé, on remarque un petit écart entre les quatre premiers cylindres de gauche et les deux derniers de droites. On remarque également une trace de soudure sur le carter bas moteur au niveau de la jonction entre les deux blocs de cylindres. Il est inutile de préciser que le cadre a été rallongé par rapport au modèle d’origine.

Il s’agit d’une moto qui relève bien des mystères car à travers le monde quelques Henderson à moteurs 6 cylindres existent dont certaines auraient été équipées de cette motorisation dès les années 20/30.

Malheureusement, aucun document officiel n’a pour l’instant été trouvé. On suppose qu’il y aurait eu un ou plusieurs artisans dans les années 20/30 à l’origine de ces transformations.

Toutefois, cette information est à prendre avec des pincettes car quelques recherches sur internet nous montre que ce genre de transformations aurait pu être réalisées plus récemment avec un tutoriel photo accessible par ce lien.

http://hendersonkj.com/carl-vandre/inline6/index1.html

Le logo Henderson se positionne au dessus d’un X et d’un autre marquage:

« Excelsior Moto MFG and supply Co Chicago, USA.

La première guerre mondiale ayant causé des troubles financiers au sein de nombreuses entreprises américaines, Henderson fusionne en 1917 avec la Excelsior Motor Manufacturing & Supply Company. Le X reste le logo d’Excelsior.

Les usines Henderson de Détroit rejoignent celles d’Excelsior à Chicago.

Attention, ici on parle de la marque américaine Excelsior Motor Manufacturing & Supply Company qui, en aucun cas, n’est affiliée à la marque britannique Excelsior Motor Company dont les usines se trouvent à Coventry.