SAMEDI 22 MAI

C’est grand jour, je vais parcourir avec ma BSA toutes les pistes des Bardenas autorisées aux véhicules à moteur.

Mais avant, je prends un long petit-déjeuner dans un bar à Arguedas, le temps de recharger les batteries de mes caméras.

Depuis Arguedas, je prends la route qui me mènera à la partie la plus intéressante des Bardenas: La Blanca Baja.

La route donne un côté assez mystérieux de là où l’on se dirige puisque de raides sommets cachent l’horizon.

En passant par le Centre d’Information des Bardenas Reales, je comprends bien que mon idée d’un road-trip dans la solitude du désert tombe à l’eau puisqu’il y a ici beaucoup de monde, et sur la route ça bouchonne.

Je m’y arrête brièvement, un peu à l’écart, car je vois bien qu’aux regards des gens et leurs appareils photos, moi et ma vieille moto sommes l’attraction du coin.

Le temps de prendre un panorama et je reprends la route.

La route laisse la place à une piste très poussiéreuse. Les voitures devant moi me cachent un peu la vue, je reste à distance.

Je finis par m’arrêter à Cabezo de Castildetierra, là aussi ça bouchonne mais je m’arrête tout de même. Il s’agit d’un petit mont que l’on surnomme Cheminée de fée, une curiosité géologique que l’on retrouve un peu partout dans le monde.

La aussi, les regards se détournent vite. La poussière m’a transformé, moi et ma moto.

Je ne suis pas assez prétentieux pour faire mon éloge, mais je pense que la BSA C11 et moi, avions de la « gueule ».

Les gens me prennent en photo et par moment réalisent des selfies. Certains parents envoient leurs enfants faire une photo à côté de moi et ma moto.

Un « tout petit peu beaucoup gêné » par la situation, je réponds: « No soy una estrella, yo soy solamente un explorador con su motocicleta » (Je ne suis pas une star, je ne suis qu’un explorateur avec sa moto).

Dans ma tête, je songe: « Pourquoi je ne suis pas venu avec un engin plus discret ! ».

Beaucoup de gens viennent discuter avec moi, poser des questions et parfois me raconter leurs passés motocyclistes.

Il faut le dire, outre le paysage, les gens sont aussi une part entière du voyage. Au final, ce n’est pas la destination ou le chemin qui compte, mais les rencontres.

Après avoir réussi à m’éclipser de ce nuage de monde, je continue mon chemin.

Aussi étonnant que cela puisse paraitre, le désert des Bardenas est un parc naturel et une réserve de biosphère.

Malgré tout, le désert renferme une base militaire espagnole. A l’origine, il s’agissait d’une base militaire américaine crée en 1951, c’est en 1992 qu’elle est devenue espagnole.

Cette base militaire possède un polygone de tir, ce qui fait que certaines pistes peuvent être fermées lors d’exercices à balles réelles.

La Blanca Baja est la partie la plus aride des Bardenas, on peut y apercevoir quelques traces d’animaux morts comme l’on en voit souvent dans les westerns.

La piste que je suis fait le tour de la Blanca Baja pour ensuite m’emmener vers La Blanca Alta. Au bout  de cette piste traversant la partie Nord des Bardenas se trouve El Pastor Bardenero, une statue érigée en 1992 en mémoire du bétail transhumant avec son pasteur.

Midi passé, je me rends à Carcastillo où je retrouve des motards croisés dans le désert. Nous mangeons ensemble et en dépit de l’heure tardive, je prends la direction de La Plana Negra, la partie la plus montagneuse des Bardenas. Je traverse Pinsoro et Valareña.

Ici la piste est un peu moins poussiéreuse, c’est plus de la terre battue. Ma moto grimpe sans broncher jusqu’à atteindre les 646m d’alitude de La Plana Negra.

Le coin ici est un peu plus sauvage. Il y a moins de monde et comme nous sommes sur un plateau, la vue est magnifique. On peut y observer pas mal d’oiseaux.

Quelques éoliennes bordent la route à la fin de la piste.

Je finis par arriver au Santuario de Sancho Abarca mais bien trop tard, il est fermé.

Ma journée s’achèvera à un camping situé proche d’Ejea de los Caballeros.

 

 

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